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Food For Your Soul

by Reverend Hubermann Larose


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Lorsque les temps ont été accomplis

Lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption. (Galates 4: 4)

Cette déclaration de l’apôtre des nations fait référence à ce que les théologiens ont convenu d’appeler le protévangile, c’est-à-dire la toute première «bonne nouvelle» qui fût proclamée, quand Dieu dit au Serpent qui séduisit Adam et Eve: «Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité: celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.» (Genèse 3 : 15)

Le rapport entre les deux textes (Galates 4:4 et Genèse 3:15), pour subtile qu’il soit, n’en est pas moins réel. La postérité de la femme de Genèse 3:15 est ce Fils, né d’une femme de Gal. 4:4, qui devait écraser la tête du Serpent et racheter l’humanité. Autant dire que Gal. 4:4 est comme un constat de l’accomplissement de la prophétie de Genèse 3 :15. La postérité de la femme, promise dès après la Chute, a été envoyée lorsque les temps ont été accomplis.

Entre la prophétie et son accomplissement, bien des millénaires s’étaient écoulés au cours desquels l’humanité tout entière languissait après la venue de Celui que le prophète Aggée (2:7) appelle le Désiré de toutes les nations (d’après la version latine et certaines versions anglaises comme le KJV et le NIV.)

Le prophète Esaïe (64:1) traduisit l’impatience avec laquelle la venue du Rédempteur promis était attendue dans le monde, quand il s’écria: «Oh! Si tu déchirais les cieux, et si tu descendais!» Dieu répondit à ce cri, lorsqu’en la première nuit de Noël, un ange du Seigneur dit aux bergers de Bethléem: «Ne craignez point; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie: c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur.» (Luc 2:10-11)

Mais pourquoi l’humanité devait-elle attendre pendant si longtemps la réalisation de la promesse faite dès après la Chute ? Galates 4:4 répond à cette question: Dieu préparait le monde à la venue de Son Fils pendant tous ces millénaires; et, lorsque les temps ont été accomplis, la postérité de la femme naquit selon la promesse. Quand donc Jésus naquit au 1er siècle de notre ère, le monde était assez préparé pour recevoir son Rédempteur.

Cette préparation du monde à la venue du Rédempteur revêtit deux aspects que nous voulons prendre le temps de considérer: un aspect politique et un aspect culturel.

I. PREPARATION POLITIQUE

La chose la plus importante à mentionner ici est l’établissement de la Pax Romana, cette période de paix sans précédent dont jouissait l’Empire Romain de 27 avant J.-C. à 180 après J.-C. – soit 200 ans de paix relative. César Auguste, après avoir détruit son rival Antoine, instaura, dans tout le vaste Empire Romain, un règne de paix et de prospérité dont les retombées positives se firent sentir dans les domaines suivants :

  • Le commerce et les échanges internationaux s’intensifièrent grâce au réseau routier très développé mis en place par les Romains.
  • Les voyages d’un bout à l’autre de l’Empire étaient rendus possibles depuis que les routes étaient débarrassées des brigands qui les infestaient, et que les pirates qui rendaient les voyages maritimes dangereux, étaient détruits par la flotte romaine.

Les avantages pour le christianisme naissant étaient immenses. Grâce à la tranquillité qui régnait sur terre et sur mer, l’Evangile de Jésus-Christ, en moins d’un demi-siècle, était prêché dans les coins les plus reculés de l’Empire Romain. Qu’on n’oublie pas que les premiers missionnaires étaient aussi de grands commerçants! Ils n’échangeaient pas seulement les biens économiques, mais aussi ils avaient l’occasion de partager avec leurs clients ou partenaires commerciaux les biens infiniment plus précieux dont ils étaient en possession: le pardon de leurs péchés et la vie éternelle trouvés en Christ.

Sans toutes ces facilités découlant de la Pax Romana, le christianisme n’aurait pas pu faire tant de bonds en si peu de temps. Mais Dieu a préparé le chemin, aplani les sentiers sur le plan politique, pour que le monde pût recevoir le Rédempteur promis, lorsque les temps ont été accomplis.

II. PREPARATION CULTURELLE

Dans l’aspect culturel de la préparation du monde à la venue de Jésus-Christ, il convient de mentionner le fait que le problème de la diversité des langues était en partie résolu. Ce n’est pas à dire qu’on était revenu à la situation d’avant la Tour de Babel, quand toute la terre avait une seule langue; mais la langue grecque qu’on appelait la Koïnè ou «langue commune», était comprise et parlée dans tout l’Empire. C’était donc une langue internationale.

Cette langue commune était le résultat des conquêtes d’Alexandre le Grand qui n’avait qu’un rêve, celle d’helléniser le monde entier, c’est-à-dire de propager partout la culture grecque. Il croyait réaliser son plan; mais, en réalité, il était, sans le savoir, un instrument entre les mains de Dieu, préparant le monde à la venue du Rédempteur.

Les avantages pour l’évangélisation du monde étaient considérables. Les missionnaires chrétiens pouvaient facilement communiquer le message de l’évangile dans la Koïnè. Cela était surtout vrai de l’apôtre Paul, cet instrument que Dieu avait choisi, pour porter sa parole devant les nations et devant les rois (cf. Actes 9:15). Le récit de ses voyages missionnaires dans le livre des Actes nous montre comment il s’est bien acquitté de cette mission ─ ce qui eût été impossible sans cette langue commune.

De plus, le grec, comme véhicule de la pensée, conférait au Christianisme un grand avantage. C’était, en effet, une langue pleine de nuance et de sensibilité, une langue qui se prêtait bien à l’expression des idées les plus profondes et les plus élevées. Il ne faut pas oublier que, pendant des siècles, c’était en grec que les plus grands penseurs de l’Occident, les philosophes tels que Socrate, Platon et Aristote avaient exprimé leurs idées. Le grec était donc la langue idéale pour véhiculer la théologie chrétienne ─ une théologie complexe et profonde. Un homme de grand savoir comme Paul serait bien embarrassé, s’il devait exprimer ses idées dans une langue plus rigide et moins nuancée.

Dieu, dans sa providence, conduisit Alexandre le Grand à propager la culture hellénique dans tout l’Empire Grec, rendant ainsi possible la transmission, sans l’entremise d’interprètes, du message de l’évangile.

Donc, lorsque les temps ont été accomplis, c’est-à-dire quand le monde était suffisamment préparé pour recevoir le Rédempteur, Dieu a envoyé son Fils, né d’une vierge, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous l’empire du péché.

Quelles conclusions tirer de tout cela ? Au moins deux :

1. Dieu est le Maître souverain des temps et des hommes. Il tient dans sa main les uns et les autres. César Auguste – le même qui avait établi la Pax Romana – croyait réaliser ses propres projets; mais, sans le savoir, il était comme une marionnette entre les mains du Tout-Puissant, accomplissant Ses desseins. Quand vint le moment où Jésus devait naître, c’est encore lui qui devint l’instrument de la volonté souveraine de Dieu. Son édit ordonnant un recensement de toute la terre obligeait Joseph et Marie à quitter la Galilée pour se rendre à Bethléem en Judée où la prophétie de Michée, bien des siècles avant, avait prédit que le Messie serait né. (Michée 5:1)

Le Dieu qui conduisit Alexandre le Grand et César Auguste à créer les conditions favorables à la venue de son Fils dans le monde ne change pas. Il est toujours le Maître souverain de toutes choses. Il tient dans sa main aujourd’hui encore les grands décideurs du monde. Tout ce qu’à notre époque les hommes peuvent faire de bien ou de mal contribuera à un autre accomplissement des temps qui verra, cette fois, la venue en gloire du Fils de Dieu.

2. Les promesses de Dieu ne failliront jamais. Elles s’accompliront certainement, même si elles tardent à le faire. L’humanité avait dû attendre des millénaires avant de voir s’accomplir la promesse du Rédempteur faite dans le jardin d’Eden. Mais Dieu a tenu parole; il a envoyé le Sauveur promis, lorsque les temps ont été accomplis.

Nous avons maintenant la promesse d’une seconde venue du Seigneur. Il se trouve des moqueurs avec leurs railleries, marchant selon leurs propres convoitises, et disant : Où est la promesse de son avènement ? Car, depuis que les pères sont morts, tout demeure comme dès le commencement de la création. (2 Pierre 3:4) Mais, si les prophéties relatives à la première venue se sont accomplies malgré la longue attente des peuples, il en sera de même des prophéties relatives à la seconde venue. Lorsque les temps seront accomplis, Dieu enverra son Fils pour la seconde fois. Mais il ne reviendra pas dans la faiblesse d’un enfant emmailloté et couché dans une crèche. Il reviendra en Roi glorieux pour établir son règne sur la terre.

Et comme sa première venue jetait dans l’effroi un homme comme Hérode et comblait de joie un homme comme Siméon, il en sera de même pour sa seconde venue qui apportera la joie et l’allégresse aux uns, les pleurs et les grincements de dents aux autres, tout dépend de la disposition de notre cœur vis-à-vis de son avènement.

Lorsque donc les temps seront accomplis, le Seigneur reviendra aussi sûrement qu’il était venu lorsque les temps ont été accomplis. Etes-vous prêts pour ce second avènement ? Que Dieu vous aide à vous y préparer, en acceptant comme Sauveur ce Fils que Dieu a envoyé au monde, afin, grâce à lui, nous recevions l’adoption, c’est-à-dire que nous devenions enfants de Dieu (cf. Jean 1 : 12).
Pasteur Hubermann Larose,
Assistant Pasteur


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