Food For Your Soul
by Reverend Hubermann Larose
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La Parabole du Samaritain – (Luc. 10:25-37)
Cette parabole fut occasionnée par la question qu’un légiste, un homme versé dans la Loi de Moïse, posa à Jésus : « Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Jésus ne répond pas à la question, mais il renvoie l’homme à la Loi, pour y trouver lui-même la réponse : « Dans la Loi, qu’est-il écrit ? Qu’y lis-tu ? » Et l’homme de réciter point par point : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force ; et tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit : « Tu as bien répondu ; fais cela, et tu vivras. » Une réponse simple et claire, directe et précise ! Un ordre apparemment facile à exécuter ! Pourtant, la réponse de Jésus laissa le docteur de la Loi profondément troublé. Le v. 29 dit qu’il voulait se justifier. Mais qui donc l’accusait ? Personne ! Mais sa conscience témoignait contre lui qu’il n’a jamais vraiment aimé son prochain. Il voulait se justifier ; autrement dit, il cherchait une échappatoire. C’est ainsi qu’il posa une autre question à Jésus, pour le prendre, cette fois, dans le piège d’une discussion folle : « Et qui est mon prochain ? » demanda-t-il à Jésus.
Jésus ne s’est pas laissé prendre dans ce que le Docteur Martin Luther King appelle « la paralysie de l’analyse. » C’est pourquoi, au lieu de donner au docteur de la loi une définition abstraite du prochain, il met celui-ci devant une situation concrète et existentielle dans cette parabole appelée la Parabole du Bon Samaritain.
Il dit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. » La route de Jéricho serpentait à travers une région rocheuse et pleine de cavernes servant de cachettes aux brigands qui infestaient la région. C’était donc une route dangereuse. Notre malheureux voyageur tomba aux mains de ces brigands qui le rouèrent de coup, le dépouillèrent, et le laissèrent à demi-mort. Cet homme vit poindre une lueur d’espoir, quand un sacrificateur vint à passer par-là ; mais le sacrificateur passa outre, l’abandonnant à son sort. Puis vint à passer un lévite qui l’évita soigneusement, en cheminant de l’autre côté de la route. C’est seulement un Samaritain qui, ayant vu le blessé, s’arrêta, s’approcha de lui, lui prodigua des soins, le prit sur sa monture, le conduisit à une hôtellerie, se déboursa pour lui, et promit de revenir payer le surplus de la facture médicale, au cas où son état de santé exigeraient des soins supplémentaires.
Jésus nous montre, par cette parabole, que la religion qui plaît à Dieu est celle qui prend en compte les deux dimensions de l’amour chrétien : la verticale et l’horizontale. Aimer Dieu et aimer son prochain, voilà la pierre de touche de tout vrai christianisme, de « la religion pure et sans tâche devant Dieu notre Père » —cette religion qui consiste non pas seulement « à se préserver des souillures du monde » (ce que faisaient scrupuleusement le sacrificateur et le lévite), mais aussi « à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions. » (Jac.1 : 27)
Le problème du sacrificateur et du lévite, c’était que la dimension horizontale de l’amour faisait terriblement défaut à leur religion. Toute la religion de ces hommes se confinait au Temple de Jérusalem. Ils venaient de Jérusalem pour se rendre à Jéricho. Ces chers religieux avaient quitté Dieu dans le Temple. Ils ne savaient pas qu’on rencontre Dieu aussi dans le prochain. « Toutes les fois que vous aurez fait ces choses à l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les aurez faites. » (Mat. 25 : 40).
Jésus prend le Samaritain en exemple, parce qu’en lui nous découvrons l’amour véritable qui se caractérise par son caractère universel, son altruiste, et concret.
L’amour véritable est un amour universel. Le samaritain, comme l’a dit si bien le Dr. Martin Luther King, « percevait avec acuité ce qui est au-delà des éternels accidents de race, de religion, de nationalité. » Il n’a pas réduit le souci du prochain à la classe, à la tribu, à la nation ou à la race. Quand quelqu’un dit : « J’aime mon prochain comme moi-même, » cela peut vouloir dire : « J’aime mon prochain blanc comme moi-même (que les noirs aillent au diable !) Cela est aussi vrai de certains noirs qui excluent le blanc de leur définition du prochain à aimer.
L’amour véritable est aussi un amour altruiste – un amour qui s’oublie pour les autres. Le Samaritain mit sa vie en danger pour secourir le blessé. Il aurait pu hésiter et passer outre, par crainte d’être à son tour victime des brigands. Il ne s’est pas dit : « Que m’arrivera-t-il, si je vole au secours du malheureux ? », mais : « Que lui arrivera-t-il, si je l’abandonne sur la route ? »
L’amour véritable est enfin un amour concret. Le Samaritain comprit qu’il avait devant lui un homme en chair et en os, et non un pur esprit. Il ne resta pas à prier. Une action concrète s’imposait. Il est des moments où la prière (ou un pieux discours) peut devenir une échappatoire, une façon de ne pas prendre nos responsabilités vis-à-vis des blessés que nous côtoyons chaque jour sur les nombreuses routes de Jéricho de l’existence. « Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l’un d’entre vous leur dise : ‘Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez !’, et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? » (Jacques 2 :15-16)
Ainsi, l’amour du Samaritain devient le modèle, la norme, l’étalon contre lequel nous devons mesurer notre amour pour notre prochain. Jésus laissa au docteur de la loi le soin de tirer lui-même la conclusion. « Lequel de ces trois, lui demanda Jésus, a été le prochain de l’homme qui tomba aux mains des brigands ? » Il répondit : « Celui qui a eu pitié de lui. » Et c’est cet amour que Christ nous demande d’imiter : « Va, et fais de même. »
L’exemple du Samaritain nous interpelle, nous humilie, et nous condamne souvent. Que de fois n’avons-nous pas agi comme le sacrificateur et le lévite ! Demandons à Dieu d’ouvrir nos cœurs, pour que nous parvenions à aimer de l’amour du Samaritain.
Hubermann Larose,
Assistant Pasteur
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