Food For Your Soul
by Reverend Hubermann Larose
If you want to read this text in English Click Here!
La Simplicité de L’Evangile
” De même que le Serpent séduisit Ève par sa ruse, je crains que vos pensées ne se corrompent et ne se détournent de la simplicité à l’égard de Christ. » (2 Corinthiens 11:3)
La crainte éprouvée ici par l’apôtre Paul n’est étrangère à aucun serviteur de Dieu établi sur un troupeau confié à ses soins par le « grand pasteur des brebis », notre Seigneur Jésus-Christ. Cette crainte se fonde sur le fait que l’Ennemi met tout en œuvre pour porter les croyants, en particulier, à se détourner de la simplicité de l’Évangile, et encourager les hommes, en général, à trouver dans cette simplicité une raison pour rejeter le seul remède efficace au plus grand problème de l’homme : celui de sa relation avec Dieu rompue par le péché.
L’Église était encore dans les langes quand cet Ennemi suscita des hommes qui cherchaient à altérer le lait pur de l’Évangile reçu par les païens convertis à Jésus-Christ. Le livre des Actes rapporte, en effet, que « quelques hommes, venus de la Judée, enseignaient les frères, en disant : si vous n’êtes circoncis selon le rite de Moïse, vous ne pouvez être sauvés. » (Actes 15 :1) Ces hommes étaient des judéo-chrétiens —ces gens qui croyaient que les chrétiens d’origine païenne devaient se soumettre aux prescriptions du Judaïsme, s’ils voulaient être sauvés. Ils trouvaient l’Évangile trop simple, trop pauvre en rituels, en cérémonies, en pompes, bref, en toutes ces choses capables d’attirer les regards, de soulever l’émotion, et de flatter les sens.
L’influence de ces hommes se faisait fortement sentir à Corinthe, comme en témoigne l’avertissement donné par l’apôtre Paul dans 2 Corinthiens 11 :3. Et on est fondé à croire qu’ils avaient aussi obtenu beaucoup de succès en Galatie, si l’on tient compte de ce reproche que Paul adressa aux croyants de cette contrée : « Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile. Non pas qu’il y ait un autre Évangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Évangile de Christ. » (Galates 1 :6-7) Ces gens voulaient soigner la forme extérieure de l’Évangile, pour le rendre plus impressionnant, plus attrayant, plus fascinant…
Aujourd’hui encore, la tentation de se détourner de l’Évangile ou de le rejeter à cause de sa simplicité, n’est pas moins grande. Le vrai Évangile est simple, comparé aux religions du monde. Considérons, entre plusieurs autres choses, le message de l’Évangile. Quelle simplicité ! « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé », dit l’Évangile. « Trop simple pour être vrai ! », répond l’incrédule qui préférerait quelque chose de plus compliqué : un ensemble de connaissances ésotériques à acquérir, d’actes à accomplir (pèlerinages, pénitences, sacrifices, prières en direction de tel ou tel lieu, etc.), avant de prétendre atteindre au salut.
L’homme naturel aime bien les choses compliquées. L’exemple le plus probant en est Naaman, le général syrien. Cet homme atteint de lèpre fut envoyé par le roi de Syrie auprès d’Élisée, le prophète qui vivait en Samarie, pour que celui-ci le guérît de sa lèpre. Élisée lui fit dire par un messager : « Va te laver sept fois dans le Jourdain et tu seras complètement purifié. » (2 Rois 5 :10). Mais cette simple prescription fit entrer Naaman dans un accès de colère : « Je pensais que cet homme viendrait en personne vers moi, qu’il se tiendrait là pour invoquer l’Eternel, son Dieu, puis qu’il passerait sa main sur la partie malade et me guérirait de ma lèpre. Les fleuves de Damas, l’Amana et le Parpar, ne valent-ils pas mieux que tous les cours d’eau d’Israël? Ne pourrais-je pas m’y baigner pour être purifié? »
Il s’en retournait et partait avec fureur, quand un de ses serviteurs l’approcha, pour lui dire: « Maître, si le prophète t’avait ordonné quelque chose de difficile, ne le ferais-tu pas? A plus forte raison devrais-tu faire ce qu’il t’a dit, s’il ne te demande que de te laver dans l’eau, pour être purifié. » Ce serviteur était de loin plus sage que son maître, car il percevait, au-delà des simples apparences, la puissance de Dieu agissant en faveur de celui qui n’a pas « un cœur qui s’enfle [d’orgueil], ni des regards hautains », mais dont « l’âme [est] calme et tranquille comme un enfant sevré auprès de sa mère. » (Psaume 131) En d’autres termes, un homme, une femme, qui met de côté sa sagesse, pour embrasser la folie du message de l’Évangile dans sa simplicité.
« La prédication de la croix », dit Paul dans 1 Cor. 1 :18, « est une folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est la puissance même de Dieu. » Se laver dans les eaux du Jourdain pour devenir pur était une folie pour Naaman, mais c’était le seul remède à sa lèpre. De même, la croix de Christ est le seul remède au péché de l’homme, si simple qu’il paraisse aux yeux des perdus. Dieu se plaît à choisir « les choses qu’on méprise, pour réduire à néant celles qui sont… » (1 Cor. 1 : 28)
L’Évangile est fait pour les gens simples. Jésus a loué son Père d’avoir « caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de les avoir « révélées aux enfants. » (Mat. 11 :25) De plus, il avertit que « quiconque ne recevra pas le royaume comme un petit enfant n’y entrera point. » (Luc 18 :17) Ce royaume doit donc être reçu dans la simplicité de la foi. Heureux celui qui ne se détourne pas de l’Évangile ou ne le rejette pas à cause de sa simplicité, mais qui a les yeux de la foi pour découvrir « la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée » (1 Cor. 2 :7) derrière la folie de la prédication de la croix !
Hubermann Larose,
Assistant Pasteur
If you want to read this text in English Click Here!