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Food For Your Soul

by Reverend Hubermann Larose


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Le Pharisien et la Prostituée

(Luc 7: 36 – 50)

Nous devons à Luc, « le médecin bien-aimé », ce récit dans lequel Jésus nous enseigne, en mettant en contraste deux vies totalement opposées ―un pharisien et une prostituée― qui se sont rencontrées dans une circonstance inattendue. Un autre exemple, dans l’Évangile de Luc, où Jésus utilise la même méthode d’enseignement, est la parabole du pharisien et du publicain (Luc 18: 9 – 14). Une histoire vraie et une parabole ! Dans les deux cas, la propre-justice d’un cœur hautain est mise en contraste avec l’humilité d’un esprit brisé et contrit, avec le même résultat: le propre-juste reste inchangé, tandis que le repentant obtient le pardon.

Luc 7:36 nous dit qu’ « un pharisien pria Jésus de manger avec lui. Jésus entra dans la maison du pharisien, et se mit à table. » Quatre versets plus bas, nous apprenons que ce Pharisien s’appelait Simon. Il était apparemment un homme riche, ou, tout au moins, un homme assez confortable. Il n’y a rien de commun entre eux qui pourrait avoir motivé Simon à inviter Jésus à dîner avec lui, si ce n’est que Simon voulait avoir l’occasion d’observer Jésus de plus près, afin de trouver quelque chose à utiliser contre lui; quelque chose qui puisse prouver qu’il n’avait rien d’un prophète, mais qu’il était plutôt un imposteur.

Cette preuve, Simon croyait l’avoir trouvée dans la passivité montrée par Jésus devant le geste par trop osée d’une femme… d’une prostituée! Cette femme s’est faufilée dans la salle où Simon mangeait avec Jésus. Elle « apporta un vase d’albâtre plein de parfum, et se tint derrière, aux pieds de Jésus. Elle pleurait; et bientôt elle lui mouilla les pieds de ses larmes, puis les essuya avec ses cheveux, les baisa, et les oignit de parfum. » (Luc 7 : 37 – 38)

Simon, ayant vu ce qui se passait, et observé le laissez-faire de Jésus, se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il connaîtrait qui et de quelle espèce est la femme qui le touche, il connaîtrait que c’est une pécheresse. »

Jésus, connaissant ce qui se passe même dans le cœur de l’homme ―parce qu’il est Dieu manifesté en chair― lui dit : « Simon, j’ai quelque chose à te dire. A ces mots, Simon devint tout oreilles : « Maître, parle ! » répondit-il. Jésus reprit la parole, et lui dit : « Un créancier avait deux débiteurs: l’un devait cinq cents deniers, et l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi payer, il leur remit à tous deux leur dette.»

Comme dans la parabole du Bon Samaritain, Jésus utilisa une méthode que Socrate aimait à utiliser et qui s’appelait « la maïeutique ». Cette méthode consiste à poser une question pour amener l’interlocuteur à trouver lui-même la réponse. Voici la question de Jésus à Simon : « Lequel l’aimera le plus? » (Luke 7:41 – 42) La réponse était trop évidente pour être esquivée. Simon répondit: « Celui, je pense, auquel il a le plus remis. » Jésus lui dit: « Très bonne réponse ! »

Alors Jésus se met à faire des reproches à Simon sur son manque d’hospitalité à son égard ―pas que Simon ne sût ce qu’il fallait faire, mais il n’aimait pas Jésus au point de se donner toute cette peine pour lui. Jésus lui dit : « Simon, vois-tu cette femme? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as point donné d’eau pour laver mes pieds; mais elle, elle les a mouillés de ses larmes, et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m’as point donné de baiser; mais elle, depuis que je suis entré, elle n’a point cessé de me baiser les pieds. Tu n’as point versé d’huile sur ma tête; mais elle, elle a versé du parfum sur mes pieds. C’est pourquoi, je te le dis, ses nombreux péchés ont été pardonnés: car elle a beaucoup aimé. Mais celui à qui on pardonne peu aime peu. » (Luc 7 :44 – 47)

Avant d’adresser son reproche à Simon, Jésus lui dit : « Vois-tu cette femme? » Essayons aussi de la voir, de comprendre le poids de son action. Car elle a donc de nombreuses leçons à nous enseigner.

  1. Sa dévotion était entière. Elle vint avec un vase d’albâtre plein de parfum et la répandit sur les pieds de Jésus. Ce parfum était une part essentielle de son métier. Elle devait être attrayante en tout temps et agréablement parfumée pour le client suivant. Son geste est une illustration du chant « Oui, prends tout, Seigneur ! »
  2. on repentir était sincère. Elle mouilla les pieds de Jésus de ses larmes. Elle était profondément brisée et contrite, affligée de ses péchés. Beaucoup de choses nous affligent dans cette vie, mais rares ceux qui sont affligés par leurs péchés; qui pleurent amèrement devant Dieu, à cause de la méchanceté de leur cœur.
  3. Sa conversion était réelle. Elle versa tout son parfum sur les pieds de Jésus. Elle n’a pas gardé une partie pour elle-même, en vue d’un « On ne sait jamais ! ». Elle n’a fait aucune provision pour un retour à son ancien mode de vie. Elle a fait siennes les paroles de ce cantique : « Je suis décidé à suivre Jésus; Oui, sans retour ! Oui, sans retour ! »
  4. Son humilité était profonde. Ses cheveux étaient sa plus belle parure, en tant que femme. Elle les délia pour essuyer la poussière des pieds de son Sauveur. C’est sa façon de dire : « Ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, (…) à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d’être trouvé(e) en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi. » (Phil. 3 :7-9)

« Simon, vois-tu cette femme? » En demandant à Simon s’il voit la femme, Jésus voulait qu’il voie non seulement elle, mais lui-même aussi. La pointe de cette parabole est que et la femme et Simon étaient tous deux dans le même pétrin. Les deux débiteurs de la parabole étaient également insolvables, et leur dette, à tous les deux, leur ont été gracieusement remise. Il ne fait aucune différence, au regard de la loi, que vous deviez 500 jours —presque deux ans— ou seulement 2 mois de votre salaire. Dans les deux cas, le débiteur insolvable doit subir les rigueurs de la loi : l’emprisonnement. C’est exactement ce que dit l’Écriture : « Il n’y a pas de juste, pas même un seul (…) Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » (Rom. 3 :10, 23)

La seule différence entre la femme et Simon est qu’elle était consciente de sa faillite morale et spirituelle, alors que lui ne l’était pas. Un peu de vertu peut empêcher un homme ou une femme de bénéficier de la grâce de Dieu sans laquelle nul ne peut entrer au ciel. C’était le problème de Simon. C’est le problème de beaucoup d’hommes et de femmes aujourd’hui qui n’ont jamais réalisé qu’ils sont perdus, parce qu’ils passent tout leur temps à se comparer aux autres. Ils sont justes à leurs propres yeux, et ils ne se donnent pas la peine de savoir ce que Dieu pense d’eux. Ils corrigent eux-mêmes, pour ainsi dire, leur propre devoir, au lieu de laisser à Dieu le soin de le corriger. Ils se donnent la plus forte note, alors que, pour Dieu, ils n’ont même pas obtenu la moyenne, la note de passage. « Car quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. » (Luc 14 :11)

La leçon centrale de cette histoire est celle-ci : ce qui nous condamne devant Dieu, ce n’est pas la somme de nos péchés, mais le manque de réalisation de notre état de péché. Seulement ceux qui sont conscients de leur péché s’entendront dire par Dieu:

« Tes péchés sont pardonnés. »
« Ta foi t’a sauvée, »
« Va en paix. »

Hubermann Larose,
Assistant Pasteur

 


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