come-and-see

Food For Your Soul

by Reverend Hubermann Larose


If you want to read this text in English Click Here!


La Parole Incarnée et la Parole Inscripturée

(Jean 1 :1-4, 14 ; 2 Pierre 1 :21)

Le mois de décembre est le mois de la Nativité ; mais c’est aussi, pour plusieurs, le Mois International de la Bible. Nous fêtons donc, en ce même mois, la Parole incarnée et la Parole inscripturée.

Les mots « inscripturé » et « inscripturation » ne sont pas dans le dictionnaire. Ils sont calqués sur les termes « incarné » et « incarnation » (du latin ecclésiastique incarnatus et incarnatio, deux termes qui se réfèrent à la venue en chair du Fils de Dieu.) « Inscripturé » ou « inscripturation » sont formés à partir de la particule latin « in » (signifiant « dans ») et « Scriptura » (signifiant « Écriture » ou « la Bible »).

L’expression « Parole inscripturée » est la contrepartie de l’expression « Parole incarnée » ; car de même que Jésus-Christ est la Parole de Dieu exprimée dans la vie d’un homme, la Bible (ou l’Écriture) est la Parole de Dieu exprimée dans les pages d’un livre.

Un parallèle s’impose donc entre ces deux Paroles : « la Parole incarnée » et « la Parole inscripturée », Christ et l’Écriture. Bornons-nous à relever seulement trois points de comparaison :

PREMIÈREMENT, le même nom est donné à Jésus-Christ et à l’Écriture Sainte ; ils sont tous deux appelés la « Parole de Dieu ». Ce nom est explicitement donné à Jésus-Christ dans le Prologue de l’Évangile de Jean (1 :1-4, 14), et l’apôtre Paul rend grâces à Dieu, en 1 Thessaloniciens 2 :13, au sujet des chrétiens de Thessalonique qui ont reçu sa prédication et son enseignement (lesquels entreront plus tard dans le canon du Nouveau Testament) non comme « la parole des hommes », mais comme « la Parole de Dieu ».

Jésus lui-même établit une relation étroite entre la « Parole incarnée » et la « Parole inscripturée », quand il dit en Jean 12 : 48 : « Celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles a son juge; la parole que j’ai annoncée, c’est elle qui le jugera au dernier jour ». Rejeter la Parole prêchée (devenue pour nous, aujourd’hui, Parole inscripturée) revient à rejeter la Parole incarnée ; et un tel rejet aura pour conséquence le jugement de celui qui s’en rendra coupable.

DEUXIÈMEMENT, le Saint-Esprit est l’agent responsable de la conception de la « Parole incarnée » et de l’inspiration de la « Parole inscripturée ». Lorsque Marie demanda à l’ange : « Comment cela se fera-t-il, puisque je en connais point d’homme ? », celui-ci lui répondit : « Le Saint Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu ». (Luc 1 :34-35)

Jésus a donc été conçu du Saint-Esprit dans le sein de Marie, alors vierge. De même, le Saint-Esprit a, pour ainsi dire, « conçu » la Parole de Dieu dans l’esprit des auteurs bibliques. L’apôtre Paul dit en 2 Timothée 3 :16 que « Toute Écriture est inspirée de Dieu… » Le grec mot traduit par « inspirée de Dieu » est θέοπνευστος ; il signifie « émanant du souffle de Dieu ». Or, l’on sait que, d’après Job 33 :4, « le souffle de Dieu » est un autre nom pour l’Esprit de Dieu ou le Saint-Esprit. L’apôtre Pierre précise que le Saint-Esprit est la personne de la Sainte Trinité responsable de ce travail d’inspiration de l’Écriture : « c’est poussée par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » 2 Pierre 1:21.

Donc, dans les deux cas, le Saint-Esprit est l’agent responsable de l’incarnation de l’inspiration de la Parole de Dieu.

TROISIÈMEMENT, l’incarnation a donné lieu à l’union de deux natures dans une même personne, Jésus-Christ. L’inspiration a donné lieu à une union pareille dans un même livre, la Bible. Il y a une union du divin et de l’humain qui se réalise dans le cas de la conception de Jésus dans le sein de Marie comme dans celui de l’inspiration de la Parole éternelle de Dieu dans l’esprit des auteurs bibliques. En vertu de cette union du divin et de l’humain, Jésus-Christ est à la fois Dieu et homme, et la Bible à la fois Parole de Dieu et parole humaine.

L’humanité de Jésus-Christ est un voile qui cache sa gloire divine aux yeux des hommes. L’apôtre Paul dit des chefs de ce monde qu’ils n’ont pas connue la sagesse de Dieu, « car s’ils l’eussent connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire ». (1 Cor. 2 :8) De même, le caractère très humain de la Bible empêche les incrédules de reconnaître son inspiration divine. Les incrédules du temps de Jésus qui s’appuyaient sur son humanité pour nier sa divinité, raisonnèrent ainsi : « N’est-ce pas le fils du charpentier ? N’est-ce pas Marie qui est sa mère ? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères ? Et ses sœurs ne sont-elles pas parmi nous ? » (Mat. 13 :55-56). On fait à peu près les mêmes raisonnements au sujet de la Bible : « Nous connaissons les frères de ce livre ; ils s’appellent CORAN, VEDA, etc. N’est-ce pas Moïse et Esaïe, Paul et Pierre qui en sont les auteurs ? Ne sont-ce pas des hommes faillibles et limités comme vous et moi ? »

L’union des deux natures fait de Jésus-Christ un homme semblable aux hommes en tous points (excepté le péché), mais radicalement différent d’eux, parce qu’ « en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité ». (Col. 2 :9) De même, cette union fait de la Bible un livre comme tous les autres livres, fait de papier et d’encre comme eux, mais différent, parce qu’à travers ses pages se trouvent exprimées, en langage humain, les pensées insondables du Souverain des cieux. La Bible peut être —et doit être— approchée de la même façon qu’un livre ordinaire : analyse littéraire, grammaticale et autres… Mais, au-delà des lettres, au-delà du parchemin, au-delà du papier, au-delà de l’encre, au-delà des mots qui font partie du vocabulaire humain (et qui même reflète les cultures dans lesquelles ces mots ont pris leur origine), le message de la Bible a une origine qui n’est autre que Dieu lui-même.

L’union de l’humain et du divin cause la chute des incrédules et le salut des croyants, et ceci est vrai de Jésus-Christ comme de l’Écriture. Le vieux Siméon avait dit, au sujet de l’enfant Jésus, qu’il « est destiné à (…) devenir un signe qui provoquera la contradiction. » (Luc 2 :34) En effet, que de contradictions à propos de Jésus ! « Les uns disent que tu es Jean-Baptiste, d’autres, Élie, d’autres, Moïse, ou l’un des prophètes. » (Mat. 16: 14) « …Et il y eut division dans la foule à cause de lui. » etc. Que de contradictions les incrédules ne disent pas aussi avoir relevées à propos de la Bible !

La personne de Jésus comportera toujours des mystères pour nous. Et pour cause ! L’incarnation est un mystère que nous n’arriverons jamais à saisir pleinement. Paul s’est écrié dans 1 Timothée 3 :16: « …sans contredit, le mystère de la piété est grand: celui qui a été manifesté en chair, justifié par l’Esprit, vu des anges, prêché aux Gentils, cru dans le monde, élevé dans la gloire. »

Quel grand mystère, en effet, que celui du Dieu de gloire qui se fait homme. Toutes les hérésies au sujet de Jésus-Christ (l’arianisme, l’ébionisme, le monophysisme, etc.) sont les efforts humains pour comprendre parfaitement ce qui est, par nature, un mystère divin.

De même la Bible sera toujours un livre dans lequel « il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine. » (2 Pierre 3 :16)

Mais que devons-nous faire avec les contradictions soit dans la personne de Jésus-Christ ou dans l’Écriture ? Adopter l’attitude de l’auteur du Psaume 131 qui dit, aux versets 1 et 2, ne s’occuper d’aucune chose trop grande et trop élevée pour lui ; ou nous rappeler les paroles de Deutéronome 29 :29 : « Les choses cachées sont à l’Éternel, notre Dieu, et les choses révélées sont à nous et nos enfants, afin que nous les pratiquions ».

Nous devons donc mettre en pratique tout ce qui est clairement révélé au sujet de Jésus-Christ dans l’Écriture. Heureusement que tout ce qui est essentiel à notre salut éternel est clair comme du cristal. Le reste est à l’Éternel, et un jour, nous connaîtrons comme nous avons été connus ! Obéissons, pour le moment à la lumière qui nous est donnée, en attendant d’être dans la pleine lumière de la présence de Dieu.

Hubermann Larose,
Assistant Pasteur

 


If you want to read this text in English Click Here!